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31/01/2011

SOUVENIRS

UN POEME DE LOUIS ARAGON

 

Je chante pour passer le temps
Petit qu'il me reste de vivre
Comme on dessine sur le givre
Comme on se fait le coeur content
A lancer cailloux sur l'étang
Je chante pour passer le temps

 

J'ai vévu le jour des merveilles
Vous et moi souvenez-vous-en
Et j'ai franchi le mur des ans
Des miracles plein les oreilles
Notre univers n'est plus pareil
J'ai vécu le jour des merveilles

 

Allons que ces doigts se dénouent
Comme le front d'avec la gloire
Nos yeux furent premiers à voir
Les nuages plus bas que nous
Et l'alouette à nos genoux
Allons que ces doigts se dénouent

 

Nous avons fait des clairs de lune
Pour nos palais et nos statues
Qu'importe à présent qu'on nous tue
Les nuits tomberont une à une

les sixties.jpg

La Chine s'est mise en Commune
Nous avons fait des clairs de lune

 

Et j'en dirais et j'en dirais
Tant.........

 

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26/11/2009

REVE ET REALITE

liberté 4.jpg
ma liberté cherche les allumettes.jpg
 
Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J'écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J'écris ton nom

Sur l'absence sans désirs
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J'écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l'espoir sans souvenir
J'écris ton nom

Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté.

- 1942 -

Ce poème provient du recueil intitulé " Poésie et vérité 42 " DE PAUL ELUARD "( extrait )
tableau n° : 1 liberté arrachée tableau n° 2 : ma liberté cherche les allumettes



11/11/2009

LA DER DES DER

en parcourant les blogs; j'ai trouvé ce poème d'un enfant dont le papa n'est pas revenu

Publié : 13 février
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Poésie : 11 novembre 1918

Alain Taurinya, n’avait qu’un an lorsque son père tomba sur le champ de bataille. Il nous rapporte ses souvenirs d’enfant en ce 11 novembre 1918 alors que Vinça fêtait ce grand jour…

A mon frère Armand, à la mémoire de notre mère, veuve de guerre à 31 ans.

LE 11 NOVEMBRE 1918

Mon premier souvenir remonte à ce grand jour

Quand, gamin de quatre ans qui n’avait plus de père,

Je suis sorti, donnant la main à mon grand frère,

Attirés tous les deux par le son du tambour ;

Mais dehors le vacarme était tel dans le bourg

Que nous sommes restés sous la porte cochère :

Des cris et des flonflons de marche militaire,

Et les cloches soudain, au sommet de la tour,

A tous les vents carillonnant la délivrance ;

Puis la foule a surgi derrière des drapeaux,

Des femmes, des enfants, des vieux, des jouvenceaux,

Hurlant : « La guerre, c’est fini ! Vive la France ! »...

Lors, nous sommes rentrés pour voir notre maman

Tendre vers nous ses bras, dans l’ombre, en sanglotant...

Alain TAURINYA

l 'inconnu.jpgdessin de Nicos Lygeros encre de chine noire, jaune rouge : L'INCONNU